Dans un contexte de pressions budgétaires et d’exigence accrue de résultats, les communautés d’Afrique francophone ont fait le choix de l’anticipation stratégique. Réunies à Saly, elles ont travaillé à structurer une participation plus influente et mieux organisée au 8ᵉ cycle de financement (GC8) du Fonds mondial.
Du 17 au 19 février 2026, le Hub d’Apprentissage Régional Communautés, Droits et Genre du Fonds mondial pour l’Afrique francophone (HRF), hébergé par le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME), a organisé un atelier régional réunissant des représentants communautaires, des organisations de la société civile et des membres de CCM de plusieurs pays francophones et des partenaires techniques et financiers.
Placée sous le thème : « Garantir une participation significative des communautés d’Afrique francophone au 8ᵉ cycle de financement (GC8) du Fonds mondial », la rencontre visait à renforcer les capacités d’influence des communautés dans les processus nationaux d’élaboration et de négociation des demandes de financement du Fonds mondial.
Une participation communautaire, condition d’efficacité
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mme Aïssatou Mbaye Ndiaye, présidente du CCM Sénégal.
Dans son intervention, elle a rappelé que la participation communautaire dépasse le cadre d’une simple exigence procédurale : « La participation communautaire ne doit pas être comprise comme une formalité ; elle constitue une condition d’efficacité. »
Un message fort qui place les communautés au cœur de la performance des programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
Penser autrement le GC8
La représentante du Fonds mondial, Georgina Yipandoa Caswell, Conseillère Technique au département Communautés, droits et genre du Fonds mondial, a invité les participants à adopter une posture stratégique renouvelée : « On ne peut pas se préparer au GC8 avec le même état d’esprit qu’hier. Nous devons penser différemment et nous poser deux questions : que devons-nous préserver à tout prix ? Et que sommes-nous prêts à changer ? »
Dans un environnement financier contraint, cette réflexion a structuré les débats autour des priorités à défendre, des innovations à promouvoir et des ajustements à faire pour maximiser l’impact des financements.
Des feuilles de route nationales pour une influence structurée
L’un des résultats majeurs de l’atelier réside dans l’élaboration de feuilles de route pays par les représentants de chaque délégation.
Ces feuilles de route ont permis d’identifier de manière concrète :
- Les étapes clés des différentes phases d’élaboration de la demande de financement GC8 ;
- Les partenariats stratégiques à établir ou à renouveler, notamment avec les CCM, les programmes nationaux et les partenaires techniques ;
- Les contributions essentielles attendues des communautés, que ce soit en matière d’analyse des besoins, de données communautaires, de suivi ou de plaidoyer ;
- Les besoins et exigences en assistance technique pour renforcer la qualité et la crédibilité des contributions communautaires.
Idéalement, les participants ont été encouragés à s’appuyer sur leur feuille de route pour l’élaboration de la demande de financement, afin d’assurer une cohérence entre les dynamiques communautaires et les processus institutionnels nationaux.
Cette approche méthodique marque un passage d’une participation souvent réactive à une participation planifiée, anticipée et structurée.

Une dynamique régionale consolidée
Au terme des trois jours de travaux alternant analyses, travaux de groupe et restitutions, un consensus s’est dégagé : la voix des communautés doit peser dès les premières étapes du processus du GC8.
En facilitant l’échange d’expériences, la capitalisation des leçons apprises et la planification stratégique pays par pays, le Hub d’Apprentissage Régional Afrique francophone renforce son rôle de catalyseur régional.
À Saly, le signal a été clair : la participation communautaire au GC8 ne sera ni symbolique ni tardive. Elle sera structurée, stratégique et orientée vers l’impact.
Le travail se poursuit désormais au niveau des pays, là où se construiront les futures demandes de financement.


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