Projet YOLSGO : un comité de suivi installé et les premiers résultats de l’étude de référence présentés aux parties prenantes

Au Burkina Faso, la crise sécuritaire a profondément fragilisé l’accès des adolescentes déplacées internes aux services de santé sexuelle et reproductive. Exposées aux violences basées sur le genre, aux mariages précoces, aux grossesses précoces et à une détresse psychosociale grandissante, ces jeunes filles demeurent parmi les populations les plus vulnérables, alors que les données scientifiques sur leur situation restent limitées.

C’est pour répondre à ce défi que l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), en consortium avec le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME), l’Association Pengdwendé pour l’Épanouissement de la Jeunesse du Burkina Faso (A.P.EP.J/BF), le VITAM – Centre de recherche en santé durable de l’Université Laval (Canada), ainsi que les Directions régionales de la santé du Koulsé et du Goulmou, mettent en œuvre le projet YOLSGO.

Dans ce cadre, une rencontre s’est tenue le jeudi 9 juillet 2026 afin d’installer le comité de suivi du projet et de présenter les résultats préliminaires de sa phase formative.

Présidée par M. BELEMNABA, Directeur de l’IRSS, cette rencontre a permis de mettre en place le comité de suivi du projet, conçu comme un cadre de gouvernance participative favorisant le dialogue, la concertation et le suivi des activités entre les différentes parties prenantes.

Dans son intervention, M. BELEMNABA a rappelé que ce comité « n’est pas une instance de plus », mais un véritable espace de dialogue multi-acteurs réunissant la recherche, le secteur de la santé, les autorités administratives, les collectivités territoriales, la société civile, les acteurs humanitaires et les leaders communautaires autour d’un objectif commun : améliorer durablement la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes déplacées internes.

Le comité de suivi est doté d’un bureau chargé d’assurer son animation et sa coordination. La présidence est assurée par le ministère de la Santé à travers la Direction de la Santé de la Famille (DSF), tandis que la vice-présidence revient au ministère de la Famille et de la Solidarité, représenté par la Direction générale de la Solidarité et de la Résilience (DGSR). Le rapportage est assuré conjointement par l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS), le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) et l’Association Pengdwendé pour l’Épanouissement de la Jeunesse du Burkina Faso (A.PEP.J/BF).

Outre ce bureau, le comité est composé de représentants de la Primature, des ministères en charge de la Santé, de la Recherche, de la Justice, de la Sécurité, de l’Administration territoriale ainsi que de la Promotion de la Femme et du Genre. Il comprend également des représentants des gouvernorats, des directions régionales de la santé du Koulsé et du Goulmou, des leaders communautaires, des personnes déplacées internes, des partenaires techniques et financiers (UNFPA, Plan International, UNICEF et Save the Children International), ainsi que de l’Université Laval du Canada.

Le comité aura pour mission d’accompagner le suivi stratégique du projet, de faciliter la coordination entre les partenaires et de contribuer à la co-construction des interventions qui seront déployées dans les régions du Koulsé et du Goulmou.

Au-delà de l’installation du comité de suivi, la rencontre a également été marquée par la présentation des résultats préliminaires de la phase formative du projet. Réalisée selon une approche mixte combinant enquêtes quantitatives, entretiens qualitatifs, focus groups et évaluation de l’offre de soins, l’étude a été conduite du 13 au 30 avril 2026 à Kaya et Kongoussi (région du Koulsé), ainsi qu’à Fada N’Gourma et Diapangou (région du Goulmou).

Au total, 2 035 adolescentes déplacées internes âgées de 10 à 19 ans ont été enquêtées, en complément d’un dénombrement de 1 598 ménages, d’une enquête dans 24 formations sanitaires, de 68 entretiens individuels approfondis et de 20 focus groups impliquant des adolescentes, des parents, des leaders communautaires, des prestataires de santé et des acteurs institutionnels.

Les premiers résultats mettent en évidence plusieurs défis majeurs, notamment un faible niveau de connaissances en santé sexuelle et reproductive (45,8 %), une exposition préoccupante aux violences basées sur le genre, une détresse psychosociale importante ainsi qu’un très faible recours aux services de santé sexuelle et reproductive (5,2 %). L’étude souligne également la nécessité d’améliorer l’adaptation des formations sanitaires aux besoins spécifiques des adolescentes en contexte humanitaire.

Mis en œuvre dans les régions du Koulsé et du Goulmou, le projet YOLSGO (« Soulager la souffrance » en langue mooré) est mis en œuvre dans les régions du Koulsé et du Goulmou à travers deux composantes complémentaires. YOLSGO 1, financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) dans le cadre de l’initiative ANeSA, documente les besoins des adolescentes déplacées internes en matière de santé sexuelle et reproductive et de violences basées sur le genre. YOLSGO 2, financé par le FONSER (ex FONRID), complète cette démarche en intégrant la dimension du bien-être psychosocial. Ensemble, ces deux volets produiront des données probantes qui serviront à co-construire, avec les communautés et les institutions, des interventions innovantes et adaptées au contexte humanitaire afin d’améliorer durablement la santé et les droits des adolescentes déplacées internes.

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