Situation des hôpitaux publics: le Rame interpelle les autorités burkinabè

Suite aux différents remous que traversent les hôpitaux publics du Burkina depuis un certain temps, dont le cas le plus récent est celui de l’agression de trois agents de santé au Centre hospitalier Yalgado Ouédraogo, le Réseau accès aux médicaments essentiels (Rame) est sorti de son silence. Il a animé une conférence de presse le mercredi 7 juin 2017 à son siège à Ouagadougou.

Le Rame à travers cette sortie voudrait attirer l’attention du gouvernement sur la «récurrence des dysfonctionnements au niveau du CHU-YO» et sur le comportement «peu orthodoxe» de certains agents de santé. «Les dysfonctionnements au sein du CHU-YO sont légion» selon le directeur des opérations du Rame, Georges Rouamba. Il a indiqué que le même constat a été fait du côté des agents de santé qui ont dénoncé la précarité de leurs conditions et cadre de travail lors d’une conférence de presse le vendredi 2 juin dernier, soit trois jours avant l’agression de certains des leurs.

A l’occasion des récents états généraux des hôpitaux, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré avait assuré que les recommandations issues des échanges allaient être examinées avec la plus grande attention par son gouvernement dans le but d’accélérer la mise en œuvre des réformes dans ce secteur vitale pour les populations. Aujourd’hui, le Rame s’interroge sur le bilan de cet engagement du chef de l’Etat.

Le Rame interpelle donc les autorités compétentes à prendre à bras le corps cette situation de «quasi abandon» de cet hôpital de référence, qu’est le CHU-YO. «La restructuration, la rénovation et l’équipement des différents services qui composent l’hôpital s’imposent comme une nécessité afin de répondre de façon efficiente aux besoins de survie de ses usagers et résorber la pression que subissent au quotidien le personnel soignant qui y preste», suggère Georges Rouamba.

Le Rame fustige aussi «le comportement de certains agents de santé dont l’indélicatesse et les pratiques sont aux antipodes de l’éthique et de la déontologie du métier». M. Rouamba ajoute que «c’est certainement ces indélicatesses qui expliquent qu’un peu partout sur le territoire national, on observe que des agents de santé sont pris à partie par les usagers des services de santé». «Des malades et accompagnants de malades ont dénoncé à maintes reprises les indélicatesses d’agents de santé qui portent atteinte à l’image de tous les corps soignants et compromettent des vies humaines. Mais cela reste récurrent dans nos services de santé» s’est-il indigné.

Concernant les évènements récents, le Rame appelle aussi bien les agents de santé que les usagers des services de santé à la modération. En tout état de cause, le Rame soutient la quête de justice pour tous et souhaite ardemment que les responsabilités soient situées par rapport à l’agression des agents de santé. Aussi, que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de Ibrahim Compaoré.

Pour ce faire, le Rame estime qu’il urge qu’une campagne de sensibilisation des usagers des services de santé sur leurs droits et devoirs soit organisée afin d’éviter de pareilles situations dans nos centres de santé. Pour cela, le Rame et ses partenaires disent être disposés à accompagner les autorités du ministère sur ce volet.

Source:http://www.fasozine.com/actualite/societe/1796-situation-des-hopitaux-publics-le-rame-interpelle-les-autorites-burkinabe.html

 

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