DÉCLARATION DU RAME À L’OCCASSION DE LA JOURNÉE MONDIALE CONTRE LE SIDA

Aux acteurs communautaires : « Restons debout, soyons en marche »

sida

Alors que le monde est entrain de passer des objectifs du millénaire pour le développement durable (OMD) aux objectifs du développement durable (ODD), il est regrettable de constater que le taux de prévalence du VIH/Sida en Afrique de l’Ouest et du Centre reste très élevé (2,3%). Cette région du monde regroupe 18,4% de la population mondiale touchée par le VIH, soit 6,6 millions de personnes concernées. Cependant le nombre de personnes sous ARV y reste très faible. Seulement environ 24% des personnes en attente de traitement ARV y ont réellement accès.
Le dépistage du VIH ne couvre que seulement 10,9% de la population et la région enregistre 22% des nouvelles infections dans le monde, et particulièrement 50% des nouvelles infections concernant les enfants.
Le RAME saisit l’opportunité de la Journée Mondiale contre le Sida pour interpeler la communauté internationale, les autorités des pays et des institutions de la région, mais surtout la société civile, sur le caractère inacceptable de cette situation. Pendant que le monde s’engage résolument avec optimisme dans une stratégie d’élimination du VIH/Sida, comment cette région peut-elle toujours présenter un visage aussi alarmant de l’infection à VIH. Cette région sera-t-elle au rendez-vous des objectifs 90-90-90 en 2030 ?
Dans un appel qu’il a publié au cours de l’année 2015, intitulé « Prise en charge contre le VIH/Sida au Burkina : le monde communautaire se meurt et met en péril la qualité de la prise en charge des PvVIH », le RAME a interpellé les autorités du Burkina Faso sur la dégradation des conditions de travail des acteurs communautaires. Cet article qui décrit la situation au Burkina Faso, est bien valable pour plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, où la situation se révèle parfois pire. Le monde communautaire paie le plus lourd tribu de la baisse des financements du Fonds Mondial de lutte contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose, qui serait due à la crise économique et financière internationale.  Dans ces pays, les activités communautaires et le renforcement des systèmes communautaires ont très souvent fait les frais des enveloppes budgétaires limitées. Pourtant le monde communautaire a fait les preuves de son efficacité dans la lutte contre le VIH/Sida.
A travers ses actions de sensibilisations et du dépistage, il a su élever la demande et permettre de cerner l’ampleur de l’épidémie. Par son engagement précurseur dans le traitement médical, il a permis à des milliers de PvVIH de survivre et changer le visage de la maladie. L’accompagnement psychosociale et d’observance qu’il a accordé à des millions de malades leur a permis de supporter le poids de la maladie.
C’est à juste titre qu’en 2014, l’ONUSIDA avait estimé que pour atteindre les objectifs mondiaux de traitement et de prévention contre le VIH/Sida, les investissements mondiaux dans la mobilisation communautaire devaient plus que tripler, pour passer de 1% en 2014 à 3,6% en 2020 et à 4% en 2040. Nous espérons vivement que l’ONUSIDA mettra en place un dispositif pour suivre l’évolution de ces investissements et interpeller les donateurs et les gouvernements sur les résultats.
Quoi qu’il en soit, le monde communautaire est résolument engagé à jouer sa partition pour l’atteinte des objectifs 90-90-90 d’ici 2030. Il est conscient que le monde n’y arrivera pas sans lui, mais il est conscient également des embuches qui jalonnent sa route. C’est pourquoi le monde communautaire de l’Afrique de l’Ouest et du Centre a besoin d’une nouvelle dynamique, d’un nouvel élan. Le RAME lui demande simplement de faire sien le concept « les communautés en marche » : restons debout et accélérons le pas dans l’élargissement et la qualité des services que nous délivrons ; prenons de nouvelles résolutions pour notre implication dans l’élaboration des politiques, dans la mobilisation et l’affectation des ressources, mais surtout dans le suivi de leur utilisation et la promotion du droit à la santé pour tous.
Restons debout, soyons en marche !

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