UN VACCIN ANTIPALUDIQUE SUR LE MARCHÉ D’ICI À 2015

Un vaccin qui réduirait de moitié les cas de paludisme chez les enfants a été mis à jour et serait commercialisé début 2015, a annoncé, jeudi soir à Libreville, le professeur autrichien Peter Kremsenr, instigateur des recherches ayant abouti à ce résultat.

Cette découverte, aboutissement de 26 années de recherches intensives menées à grande échelle dans plusieurs pays africains, dont le Gabon, montre que le candidat vaccin antipaludique RTS,S, le plus avancé des vaccins en développement clinique, continue de protéger contre le paludisme les jeunes enfants et les nourrissons jusqu’à 18 mois après leur vaccination, a expliqué M. Kremsenr lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation des résultats de la recherche.
L’étude a démontré que, pendant la période de suivi de 18 mois, RTS,S a réduit de près de la moitié le nombre de cas de paludisme chez les jeunes enfants (5-17 mois à la première vaccination) et de près d’un quart les cas de paludisme chez les nourrissons (6-12 semaines à la première vaccination).
L’effeicacité du vaccin a également été évaluée séparément pour chacun des sites d’essais, qui représentent un large éventail de niveau de transmission du paludisme, a relevé le chercheur.
Une moyenne de 941 cas de paludisme clinique ont été évités pendant les 18 mois de suivi pour chaque millier d’enfants vaccinés de cette classe d’âge et les cas de paludisme sévère ont été réduits de 36 pc, alors que 21 cas d’accès palustres sévères ont été évités pendant les 18 mois de suivi pour 1.000 enfants vaccinés, a-t-il précisé.
L’année 2014 apportera des données complémentaires, en particulier sur une période de suivi de 32 mois et sur l’impact de la quatrième dose ou dose de «rappel», dispensée 18 mois après les trois premières doses, a noté le professeur autrichien, se félicitant du «potentiel d’impact significatif de ce vaccin sur la santé publique».
Une demande d’autorisation sera soumise en 2014 au Comité des médicaments à usage humain (CHMP) et à l’Agence européenne des médicaments (EMA), afin que l’OMS puisse éventuellement recommander l’utilisation du vaccin dès 2015, en tant qu’»élément additionnel et non de remplacement» aux méthodes existantes de prévention, a précisé M. Kremsenr.
RTS,S a pour objectif d’induire une réponse du système immunitaire contre le parasite Plasmodium falciparum lorsqu’il s’introduit pour la première fois dans la circulation sanguine de l’hôte humain ou lorsqu’il infecte les cellules hépatiques. Il est conçu pour empêcher le parasite d’infecter le foie, de s’y développer et de s’y multiplier, et ainsi l’empêcher de revenir dans la circulation sanguine pour infecter les globules. rouges et déclencher les symptômes de la maladie. Dans l’essai d’efficacité, il est administré en trois doses, à un mois d’intervalle.
Ce vaccin contre la malaria, le premier après 100 ans de recherches entamées justement à Lambaréné (5ème grande ville du Gabon) par Albert Schwartzener, est le fruit d’une étude dite de «phase III», conduite depuis 2009 au Gabon et dans six autres pays d’Afrique (Burkina-Faso, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique, Tanzanie) sur 15.460 enfants et sur une période de suivi de 18 mois après la troisième dose de vaccin.
Onze centres de recherche, répartis dans sept pays d’Afrique, dont le centre de recherches médicales de Lambaréné, contribuent à cette étude, menée grâce à une subvention de la Fondation Bill & Melinda Gates.
Selon des données de l’OMS, près de 700.000 personnes meurent chaque année du paludisme en Afrique, principalement des enfants de moins de cinq ans.

Source : http://www.lopinion.ma/

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