L’heure est venue : L’Afrique ne peut plus se permettre de retarder l’éradication du paludisme et des maladies tropicales négligées (MTN).

La lettre ouverte de la campagne Marche vers Kigali, une coalition de la société civile soutenue par plus de 300 signataires sympathisants, exhorte les dirigeants du monde mais surtout ceux du continent africain présents au Sommet de Kigali sur le paludisme et les maladies tropicales négligées (MTN), à accélérer les efforts pour éradiquer ces maladies entièrement traitables et évitables. Il est moins de 10 pour les objectifs mondiaux de développement durable (ODD) devront être atteints, il est donc grand temps d’agir.

Les systèmes de santé en Afrique sont confrontés à d’importantes difficultés, notamment le manque de ressources humaines, une faible allocation des ressources à la santé, un mauvais entretien des infrastructures du système de santé et un manque de volonté politique. Ces difficultés touchent de manière disproportionnée les membres les plus vulnérables de notre société et constituent un obstacle important au développement économique et social de l’Afrique. Le paludisme et les maladies tropicales négligées (MTN) contribuent à l’intensification de ces difficultés. Cependant au niveau de la santé mondiale, le manque de mobilisation accordées à ces maladies continuent d’étouffer les efforts visant à éradiquer ces maladies traitables et évitables de nos jours.

Les données sanitaires montrent que l’Afrique supporte plus de 40 % de la charge mondiale des MTN qui touchent 1,5 milliard de personnes. En ce qui concerne le paludisme, le continent compte également plus de  90 % des décès dus au paludisme dans le monde.

En outre, 79 % des pays africains sont co-endémiques pour au moins 5 MTN, un groupe diversifié de 20 affections. Le paludisme tue un enfant toutes les deux minutes, avec au moins 80% des décès parmi les enfants de moins de cinq ans. La pandémie de la COVID-19 a aggravé cette situation désastreuse, l’ Organisation Mondiale de la Santé (OMS) attribuant l’augmentation des cas de paludisme et de décès en 2020 aux perturbations dues à la pandémie et aux pressions supplémentaires sur les systèmes de santé. Ces deux maladies peuvent également inverser les progrès réalisés dans la lutte contre d’autres maladies, comme le VIH/SIDA et la tuberculose, qui constituent déjà un lourd fardeau pour le continent.

Dans ce contexte, nous avons lancé la campagne Marche vers Kigali avec l’appui de Speak Up Africa lors de la Journée mondiale de la Santé en mars 2021. Cette campagne, menée par des organisations de la société civile de même sensibilité à travers l’Afrique, et soutenue par plus de 300 autres organisations de la société civile, des médias et des particuliers, exige que nos dirigeants accordent la priorité à l’éradication du paludisme et des MTN. Cet appel à l’action s’inscrit dans le cadre du Sommet de Kigali sur le paludisme et les MTN, qui se tient cette année parallèlement à la réunion des Chefs de Gouvernement des Pays du Commonwealth (CHOGM) le 23 juin 2022.

La Marche vers Kigali vise à susciter l’engagement des politiques, du secteur privé, de la société civile et de la jeunesse, et à obtenir la participation des parties prenantes nationales et infranationales pour mettre fin à ces maladies traitables d’ici 2030, conformément aux ODD. En outre, nous voulons voir une mobilisation effective des 18 milliards de dollars américain afin de permettre au Fonds Mondial mettre en place un système résilients et durables au niveau mondial.

Étant donné que ces maladies touchent tout le monde en Afrique, la campagne Marche vers Kigali vise également les pays d’Afrique non membres du Commonwealth, tels que la Guinée, le Sénégal, le Bénin et le Burkina Faso. La campagne panafricaine a connu une croissance organique grâce aux partenariats et plateformes des mouvements « Non aux MTN » et « Zéro Paludisme, Je m’engage », dont l’objectif commun est de mettre fin aux effets néfastes de ces maladies traitables sur le continent.

Les organisations de tout le continent ont fait des progrès incroyables en matière de sensibilisation et d’engagement du public à l’égard du paludisme et des MTN en rassemblant les communautés pour une action collective et en amenant la société à formuler ses demandes et exprimer ses préoccupations aux niveaux local, national, régional et international. En outre, des activités au niveau continentale, telles que des campagnes médiatiques, des ateliers et des formations pour les agents du secteur de la santé, ainsi que des dons de kits de dépistage rapide du paludisme, ont permis d’attirer l’attention au niveau local et mondial afin d’accélérer les actions visant à éradiquer ces maladies évitables et traitables en Afrique.

Cependant, les ODD devant être atteints dans moins de 10 ans, nous pensons que le moment est venu pour les dirigeants mondiaux présents au Sommet de Kigali de s’engager à prendre des mesures et accélérer leur mise en œuvre afin d’éradiquer le paludisme et les MTN, et à prioriser la mobilisation des ressources nationales pour réaliser la feuille de route 2030 de l’OMS sur les MTN.

Nous croyons fermement que les actions accélérées devraient également se concentrer sur l’intégration des programmes et initiatives de contrôle et d’éradication du paludisme et des MTN. Parmi les diverses pressions exercées sur nos systèmes de santé, les solutions multi-maladies peuvent améliorer l’efficacité du financement des systèmes de santé sur le continent, grâce à des opportunités d’intégration ou de convergence des interventions déjà existantes. En Afrique de l’Ouest, le Programme National de Lutte contre le Paludisme du Sénégal démontre cette intégration en rationalisant les efforts et les coûts de collecte de données sur les MTN et le paludisme.

Nous arrivons au Sommet de Kigali après 13 mois de campagne, avec le soutien indéfectible de plus de 300 organisations de la société civile et des personnes qui ont également signé l’appel à l’action de la campagne Marche vers Kigali pour donner la priorité à la lutte visant à ralentir et prévenir la propagation des MTN et du paludisme en Afrique. Nous appelons les gouvernements, les organisations de la société civile et le secteur privé à travailler ensemble pour la mise en œuvre de toutes ces actions nécessaires pour protéger les Africains des MTN et du paludisme.

Signé

Dame Ndiaye, Directrice Exécutive, ANJ, Sénégal

Dr. Charity Binka, Secrétaire Exécutive, African Media and Malaria Research Network (AMMREN), Ghana

Dr. Odry Agbessi, Présidente, VIA-ME, Bénin

Ida Savadogo, Responsable du Programme d’Assistance Technique, RAME, Burkina Faso

James Wallen, Chargé de programme paludisme, Speak Up Africa

Kenneth Prudencio, Responsable Plaidoyer, ASAPSU, Côte d’Ivoire

Kodah Moses Sorie, Directeur Exécutif, NAYE-Salone, Sierra Leone

Oumarou Mahamadou, Coordinateur de Programme, CDR (Contribution au Développement Rural), Niger

Papa Momar Touré, Chargé de Programme Vaccination et MTN, Speak Up Africa

Salomon Yedidya Dopavogui, Directeur Exécutif, Jeunesse Secours, Guinée

Yaou Moussa, Responsable de Programme, Lafia Matassa, Niger

Zeinabou Idé, Chargée de Programme Plaidoyer, Impact Santé Afrique, Cameroun

Zoungrana Irene, Directrice Exécutive, Nouvelle Vision, Burkina Faso

 

Contact presse

Pour de plus amples informations ou des entretiens, veuillez contacter :

Nom : Habygaelle Muzie

Contact : press@whatsinitforafrica.com

 

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