LE RAME DENONCE L’OPACITÉ AUTOUR DE L’NTOXICATION DU CANAL DE TANGHIN

Une désinfection effectuée le 30 janvier 2015 au niveau du canal situé le long du mur arrière du CHUYO (Centre hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo) aurait entrainé la mort de centaines de poissons et aurait rendu malades plusieurs oiseaux.

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C’est par un article publié dans le quotidien L’Observateur Paalga N° 8803 du 5 février 2015 et intitulé « Poissons intoxiqués à Tanghin », que nous avons eu l’information. Cette information était en soi suffisamment grave pour justifier qu’une structure de la société civile tel que le RAME, engagée dans la veille citoyenne décide de savoir les tenants et les aboutissants. Ainsi nous avons dépêché une équipe du RAME sur les lieux le 6 février 2015 pour en savoir plus. Sur place, les jardiniers riverains du canal ont confirmé les faits.

Le directeur provincial de l’environnement, rencontré le 9 février, a également confirmé que ce sont bien les services du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) qui ont procédé à la désinfection et nous a présenté un document décrivant les caractéristiques du produit utilisé (Cypermethine, un pesticide qui agit par contact et ingestion sur un grand nombre d’insectes à des doses très faibles).

Ce produit serait sans danger pour l’environnement puisqu’il aurait été utilisé auparavant à ce même endroit sans causer de dommages et de plus, le canal situé du côté de Zogona aurait également été traité au cours de la même opération sans entrainer la mort de poissons.

Au PNLP, on nous a assuré que des prélèvements ont été faits et les analyses seraient en cours pour déterminer les causes exactes de cette situation. Une communication officielle du Ministère de la santé serait en vue dès que les résultats seront connus. D’ores et déjà nous apprenons que les pulvérisations du PNLP ont porté sur les abords du canal et non à l’intérieur. En croisant ainsi cette information avec celle concernant le canal de Zogona traité avec le même produit sans les mêmes conséquences, il y a lieu de s’interroger sur les autres causes possibles.

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Le canal en question serait le réceptacle de toutes les eaux usées rejetées par l’hôpital Yalgado et serait pollué quotidiennement par les pesticides utilisés par les jardiniers et autres pépiniéristes situés en amont du plan d’eau. La cause de nombreux morts de poisson pourrait provenir de ces diverses pollutions. Ainsi au-delà des poissons, des risques sanitaires pour la population existent du fait d’une pollution éventuelle des légumes.

L’article de L’Observateur Paalga a fait mention des difficultés qu’ils ont rencontrées pour identifier le service responsable de la pulvérisation. Nous faisons également le constat d’un manque de collaboration flagrante, non seulement sur le plan institutionnel, mais également opérationnel entre les différents services concernés par l’amélioration de notre cadre de vie.

Alors que les services du Ministère de l’environnent ont en charge la sauvegarde de l’environnement, l’assainissement est du ressort de l’ONEA (Office National de L’Eau et de l’Assainissement) relevant du Ministère de l’Agriculture, et la lutte anti-larvaire par la pulvérisation des sites infestés est assuré par le PNLP relevant du Ministère de la Santé. Quid de la synergie d’action ?

Le RAME, conscient que l’accès aux soins ne saurait être amélioré conséquemment sans une réduction de la survenue de nouveaux cas de maladies, interpelle le gouvernement afin que :

  • l’organisation de la mise en œuvre des stratégies de prévention contre le paludisme soit repensée pour améliorer les synergies et l’efficacité des interventions
  • des assurances soient données qu’il n’y a pas de risques de pollution des cultures et des barrages de Tanghin par les eaux usées de l’Hôpital Yalgado et les pesticides des jardiniers installés autour.

Nous interpellons enfin les populations à rester vigilant sur tous évènements portant des risques sanitaires et à ne pas hésiter à contacter nos services pour nous en faire part.

Le Conseil d’Administration du RAME

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